24 mars 2007
Une juge allemande fait référence au Coran repousser la demande en divorce d’une épouse victime d’un mari violent
Cette affaire a soulevé une tempête politique et médiatique en Allemagne : une juge familiale de Francfort a rejeté la demande d’accélération de la procédure de divorce d’une jeune femme allemande de 26 ans, d’origine marocaine et victime de la violence et la terreur imposée par son mari marocain.
Le 12 janvier 2007, la juge familiale a rejeté cette demande en invoquant "l’exercice du droit au châtiment" dans le Coran : "Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d’elles dans leurs lits et frappez-les." Accusée de partialité par l’avocate de la plaignante, la juge précise ses arguments dans un courrier envoyé le 8 février 2007 : "Dans ce milieu culturel (des deux époux), il n’est pas inhabituel qu’un homme exerce le droit de châtier sa femme."
L'ensemble des partis politiques, les associations de droits des femmes et les organisations musulmanes ont dénoncé unanimement le comportement "insupportable" et "absurde" de la magistrate.
Selon les associations de défense des droits des femmes, cette histoire fait écho à certains verdicts prononcés dans des affaires de "crimes d'honneur" et jugés trop cléments. "Notre système de droit est systématiquement noyauté depuis longtemps par les forces islamistes", affirme Alice Schwarzer, militante féministe dans un entretien avec le site en ligne du Spiegel.
"En droit pénal, les juges ont parfois tendance à évaluer les actes de coupables musulmans avec plus de clémence", souligne Jutta Wagner, la présidente de la fédération des femmes juristes. Un phénomène qui inquiète également certains représentants politiques. "Je crains depuis longtemps que nous remettions en cause de manière insidieuse notre propre conception du droit et des valeurs", observe Wolfgang Bosbach, député CDU sur le site en ligne du Spiegel.
(Source : Tagespiegel des 23 et 30 mars 2007, Monde du 23 mars 2007).
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