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3 novembre 2007
...suite... Les casseroles d'Attali .

En confiant à Jacques Attali la présidence de la commission sur les freins à la croissance, Nicolas Sarkozy et François Fillon ne pouvaient faire meilleur choix.


En dehors de quelques notables casseroles déjà évoquées, Jacques Attali s’est déjà souvent distingué par des expertises aussi remarquables que l’aplomb du personnage.


En 1990, il écrivait que "Pour avoir fait passer les réformes économiques avant les réformes politiques, la Chine connaîtra un développement plus lent. On peut même s'attendre à une longue période de crise et de récession".


Pour ce qui concerne la réalisation de cette prophétie, c’est à peu près depuis le début des années 90 que la Chine connait une croissance annuelle moyenne de 9% à 11%.


De son bref passage à la tête de la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement (BERD) qu’il a pourtant contribué à créer et porté sur les fronts baptismaux est une catastrophe : on en retient surtout des dépenses somptuaires et des gaspillages innombrables qui l'ont forcé à démissionner.


Il est certain que ce n’est pas lui qui va freiner sur son pouvoir d’achat.


Enfin, on en apprend de belles sur son action dans le microcrédit dans l’enquête réalisée par l'iFRAP.
Jacques Attali a créé l’association Planet Finance en 1999 dans le but proclamé de mettre en relation des donateurs avec des organismes de micro-crédit à travers le monde.


Or, d’après l’étude effectuée par l’IFRAP, « 3% seulement du budget de Planet Finance arrive dans la poche des demandeurs ». Le reste est dépensé en assistance technique (69%), rating (4%), réserves (9%), communication (6%) et fonctionnement (9%). Mais il est vrai que PlaNet Finance se présente comme une ONG qui soutient les Institutions de Microfinance et non comme un organisme de Microfinance.


Beaucoup de soutien donc plutôt que de l’action directe, avec des modalités et des résultats très vagues mais quand même des ressources collectées en 2005 de 6.835.992 d’€.


Le fantastique carnet d’adresses d’Attali fonctionne toujours. Comme l’écrit l’IFRAP : « Les rapports de Planet Finance entretiennent une certaine confusion entre ce que Planet Finance réalise elle-même et ce que son intervention aurait permis de démultiplier, et entre les subventions et les investissements rentables. C’est typique pour ce que Planet appelle son "partenariat" avec l’organisme suisse responAbility. Cette filiale de banques suisses est spécialisée dans les investissements "responsables ou sociaux" mais rentables dont le principe est "ne faites pas la charité mais des affaires". »


Comme le dit Vincent Hugeux, grand reporter à l’Express, dans son livre « Les Sorciers blancs »

Prenons quelqu’un comme Attali. D’une intelligence supérieure. Mais avec ça il a cédé à l’envoûtement africain, à ses sirènes. » Études, conseils… Pourvu que le contrat soit juteux et les interlocuteurs prestigieux et le chef d’orchestre accomplit sa « mission ».

Mais finalement Attali n’est sans doute pas si dupe de lui-même, habitué aux pirouettes intellectuelles, comme dans ses citations :


"Un économiste est un expert qui saura parfaitement vous expliquer demain pourquoi ce qu’il a prévu hier ne s’est pas passé aujourd’hui" (Kenneth Boulding).


"Cette science n’excelle que dans l’art de se vendre: comme le disait un des plus lucides de ses maîtres, John Kenneth Galbraith ! Un économiste, c’est quelqu’un qui ne sait pas de quoi il parle, et qui vous fait sentir que c’est de votre faute".


28 mai 2007 Jacques Attali en mission pour Sarkozy tout en étant mise en cause dans des affaires ?

Jacques Attali pourrait avoir une mission d’évaluation des conditions d’aides aux pays en voie de développement. Le Président Sarkozy lui aurait confié une mission sur le micro-crédit qui pourrait ensuite être élargie.

L’ancien conseiller de Mitterrand connait effectivement très bien le contexte, notamment pour l’Angola et la Russie.

Angolagate

27 mars 2007 : Le parquet de Paris met un terme à ses réquisitions et demande le renvoi devant le tribunal correctionnel de tous les principaux mis en examen, confirmant ainsi les poursuites engagées par le juge Philippe Courroye pour « commerce illicite d'armes ».

Rappelons que les deux principaux protagonistes de l’Angolagate sont Pierre Falcone et Arcadi Gaydamak sont deux hommes d'affaires soupçonnés par le juge Philippe Courroye d'avoir mis en place un commerce illicite d'armes avec l'Angola. Le juge les soupçonne également d'avoir versé des commissions à une série de personnalités françaises, dont Jean-Christophe Mitterrand, Paul-Loup Sulitzer, Jacques Attali et d'autres. Incarcéré de 2000 à 2001, Pierre Falcone réfute tout « trafic d'armes » et est en fuite, protégé par un passeport diplomatique angolais. Arcadi Gaydamak est en fuite en Israël mais songeait en mars 2006 à racheter le journal France-Soir moribond par le biais de son groupe de presse Moscow News.

Attali est apparu dans cette affaire dès le début comme on peut le lire sur Wikipédia : • 8 mars 2001: Jacques Attali, ancien conseiller du président François Mitterrand, est mis en examen pour « recel d'abus de biens sociaux et trafic d'influence », mais laissé libre sous contrôle judiciaire, contre le paiement d'une caution supérieure à un million de francs. Les soupçons à son encontre portent sur les honoraires qui auraient été versés à son agence de conseil par Pierre Falcone (50 000, puis 200 000 dollars) et sur diverses opérations présumées de blanchiment d'argent. Il est également suspecté d'avoir obtenu un aménagement du redressement fiscal infligé à Falcone via ses sociétés. Il nie catégoriquement les faits qui lui sont reprochés. • 9 mars 2001: Perquisition au Quai d'Orsay. Les juges cherchent à vérifier, à la suite de l'audition de Jacques Attali, que celui-ci ne s'est pas fait rémunérer par Pierre Falcone en récompense de son intervention auprès du ministre des Affaires Etrangères, Hubert Védrine, afin de solliciter son appui en faveur de l'homme d'affaires dans le règlement de son contentieux fiscal. Jacques Attali avait en effet organisé une entrevue entre l'avocat de Falcone, Allain Guilloux, et Hubert Védrine en septembre 1998. Le ministre confirme la rencontre mais dément être intervenu dans le litige. • 5 juillet 2001: L'avocat Allain Guilloux est mis en examen pour « trafic d'influence » et « recel d'abus de biens sociaux ». Il est soupçonné d'avoir tenté d'user de son influence auprès du ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine, par l'intermédiaire de Jacques Attali, afin de résoudre les ennuis fiscaux de Pierre Falcone.

Comme l’écrivait Libération en 2001 :

« Dans le pot-pourri qu'est l'affaire Falcone, qui mêle affaires immobilières, vente d'armes et des rémunérations diverses, Jacques Attali apparaît d'abord aux yeux des enquêteurs de la brigade financière sous la rubrique «Jacques A». A l'automne dernier, les policiers sont alors en train d'éplucher l'ensemble des versements et virements effectués par la société de Falcone, Brenco France. Un certain nombre de virements sont codés sous les noms de Panurge, Galilée, «le Syrien», ou encore plus sobrement PLS (pour Paul-Loup Sulitzer). «Jacques A.», c'est moins mystérieux.

Lorsqu'Isabelle D., secrétaire de Pierre Falcone, est entendue sur une série de versements, elle est interrogée sur ce Jacques A., qui s'avère être Attali. L'affaire - qui porte notamment sur les armes vendues à l'Angola par Falcone et son allié, Arcadi Gaydamak, pour 510 millions de dollars en 1993 et 1994 - est pleine de surprises: les policiers le savent. Elle mêle la droite dure, le RPR et les socialistes, avec la présence de Jean-Christophe Mitterrand, de Gérard Peybernès, l'ancien responsable de l'association de financement du PS, qui a tenté de s'investir dans une opération de vente de camions militaires au Congo. Alors, pourquoi pas Attali...

Qui était-il pour Falcone? «Une relation», «qui appelait souvent», expliquera Isabelle Delubac. Pas beaucoup plus diserte, la secrétaire de Pierre Falcone ne saura pas expliquer les annotations retrouvées par les enquêteurs: «Jacques A. 50.000 US de BAI», ou encore «BAIACA, 200.000 $», en juillet 1998. Depuis, juges et policiers ont trouvé une première explication à ces rémunérations de plus d'un million de francs (c'est d'ailleurs le montant de la caution que lui ont infligé les juges): Attali faisait étonnamment partie du cercle rapproché de Falcone, fort éclectique dans le choix et la diversité de ceux auxquels il versait des honoraires. Puis ils ont eu une explication officielle: l'économiste-essayiste, lui aussi investi dans le soutien du régime d'Eduardo Dos Santos, aurait reçu cette rémunération à l'occasion d'une contribution destinée aux Angolais sur le fonctionnement des microcrédits. Elle s'inspire en substance de minisystèmes bancaires dites banques des pauvres, une vieille idée régulièrement recyclée, notamment en Afrique.

Un rapport imposant, figure au dossier d'instruction attestant de ce travail. Interrogé le 1er décembre, Attali avait d'ailleurs admis ses relations avec Falcone, racontant par le menu un voyage effectué en sa compagnie à Luanda - «J'ai eu l'impression que monsieur Falcone disposait de la totale confiance du président angolais et de ses collaborateurs» - ou narrant une rencontre avec le gouverneur de la banque centrale.

Mais les juges sont persuadés que les virements effectués par Falcone ont concerné non pas une étude sur l'Angola, mais un rôle d'intermédiaire dans la négociation de Falcone avec le fisc, qui lui avait infligé de lourds redressements. » Hypothèse de travail !

Russiegate

Rattrapé par l’affaire de trafic d’armes vers l’Angola Jacques Attali est également en délicatesse avec un juge russe.

Le Parisien du 6 mars 2004 nous apprend cette autre affaire sur Jacques Attali.

« Jacques Attali épinglé par un juge russe ».

Jacques Attali, l'ancien conseiller de François Mitterrand, est dans le collimateur de la justice russe. Un magistrat de Moscou le soupçonne d'avoir participé à une opération de financement occulte de la municipalité de Saint-Pétersbourg. Interrogé dans les locaux de la brigade financière, comme simple témoin, en avril dernier (2004), en présence d'un policier et d'un magistrat russe, Jacques Attali a démenti une à une toutes les accusations le visant.

« Il s'est longuement expliqué, nous n'avons aucune nouvelle de cette enquête », nous indique son avocat. Cependant, cette audition n'a semble-t-il pas suffi. Après d'autres investigations, une note de synthèse rédigée par la police française, dont devrait être destinataire M. Matvienko, le magistrat russe, affirme que « M. Attali aurait prêté son concours à un détournement de fonds organisé par et pour l'entourage de M. Yakovlev », l'ancien maire de Saint-Pétersbourg, autrefois proche de Vladimir Poutine. Deux millions de dollars sont en jeu. Une mission payée cash

En 1997, une Française mariée à un Russe, Irène Commeau, ancienne collaboratrice de Jacques Attali à la Banque européenne de reconstruction et de développement (Bred), crée le premier contact avec Serguei Davitaia, un proche du maire de Saint-Pétersbourg. Jacques Attali, consultant international à son compte, signe un contrat d'assistance visant à redonner à la ville russe «un prestige international».

Jacques Attali propose d'apporter son concours à la création d'une « Bred eurasienne », et d'une « Ligue de la paix », réunissant plusieurs ports de la Baltique. Durée de sa mission : deux ans. Rémunération prévue, 2 millions de dollars.

Première curiosité, au lieu d'échelonner les versements, les fonds, via la banque Inkombank, parviennent à ACA, la société d'Attali, en une seule fois. Cinq « consultants » sont aussitôt rémunérés. M. Davitaia perçoit 200 000 dollars. Irène Commeau, comme «apporteur d'affaires» et consultante, touchera au total 25 % du contrat, soit 500 000 dollars. Trois Russes percevront également des fonds : Andreï Gratchev (280 000 dollars), Sergueï Koulaghine (200 000 dollars) et sa secrétaire (97 500 dollars).

Mais dans leur note, les enquêteurs semblent douter que de réelles missions aient été effectuées par les Russes. En perquisitionnant chez ACA, ils n'ont découvert que des notes, « très brèves, rédigées en français », censées émaner de ces consultants. « Ces notes pourraient avoir pour objectif... de justifier le versement des honoraires versés », écrivent les enquêteurs. Les policiers : « C'est un artifice »

Plusieurs documents en russe ont aussi été découverts. « L'un d'eux expose des méthodes de relaxation et de respiration sans aucun rapport avec la mission », souligne les policiers. Dans les pièces saisies, les enquêteurs ont également mis la main sur une note manuscrite, antérieure de quelques jours à la signature du contrat : « Il y a une cuisine, il faudra reverser 850 000 dollars à l'équipe russe pour ses frais », mentionne ce document. Enfin, l'enquête a établi que les consultants russes avaient été payés sur des comptes bancaires ouverts aux Etats-Unis.

« C'est sciemment que M. Attali se serait prêté à la manoeuvre organisée par les autorités de Saint-Pétersbourg, en recrutant, au prix fort, des consultants qu'il ne connaissait pas, qui ne présentaient pas le profil professionnel et de compétences utiles », concluent les policiers, évoquant « un artifice destiné à prélever des fonds ». (source : Laurent Valdiguié, Le Parisien, samedi 06 mars 2004, p. 15)

 

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