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9 novembre 2007

Ceux qui s'indignent si officiellement des enlèvements d’enfants au Tchad en enrôlent eux-mêmes dans leurs armées

Pour faire pression sur Paris au prétexte de l’affaire de l’Arche de Zoe, Idriss Deby, le président tchadien, a parlé très vite d'enlèvement d'enfants à des fins pédophiles et de trafic d'organes.

La France a calmé le jeu pour conserver la possibilité de mettre en en place une force européenne au Darfour pour que cesse les massacres.

Pour mémoire on peut rappeler que le régime d’Idriss Déby, arrivé au pouvoir en décembre 1990 à la suite d’un coup d’Etat militaire contre son ex-allié, le dictateur Hissène Habré, se maintient à coups de répression policière : selon des chiffres fournis par les associations de droits de l’Homme, plus de 25 000 personnes ont été tuées ou sont portées disparues depuis 1990.

Mais le plus ironique, c’est de voir s’élever en défenseur des enfants un dictateur qui n'hésite pas à enrôler des enfants de 10 à 12 ans dans son armée. (lefigaro.fr du 11 janvier 2007)

« L'ONG américaine Human Rights Watch accuse le Tchad et le Soudan en confirmant les informations qui circulaient depuis plusieurs mois sur l'utilisation d'enfants soldats par toutes les parties, « y compris les forces tchadiennes ». Ces petits militaires parfois âgés de 11 ou 12 ans ont été la cause d'échanges acerbes entre le président Jacques Chirac et son homologue Idriss Déby. La France, dont les avions basés au Tchad ont repoussé des colonnes rebelles venues de l'Est, a menacé de retirer son soutien si le Tchad persistait envoyer des gamins sur le front, selon des sources tchadiennes et françaises. »

L’article du Figaro était publié le 11 janvier 2007.

En réponse à ces attaques le 17 janvier 2007, le ministre tchadien des Affaires étrangères Ahmad Allami avait demandé au représentant de l'Unicef de ne pas «prolonger la propagande menée sur la question par les milieux hostiles au gouvernement tchadien». Certains militaires, interrogés sur l’âge de plusieurs soldats, trouvaient toute sorte de justification à leur petite taille. «Ce sont des nains, certains tchadiens sont vraiment petits», expliquait un responsable. «Les jeunes tchadiens sont mal nourris. Ils ont 18 ans, mais ils en paraissent 12», déclarait un autre. Parfois, des justifications allaient même jusqu’à l’absurde : «Maintenant qu’ils sont intégrés dans l’armée, ils seront bien nourris et dans quelques mois, ils auront à nouveau la taille d’enfants de 18 ans». (extrait d’un article de RFI en ligne).

Finalement, toujours d’après ce même article cité en référence (publié quelques mois plus tard, le 10 mai 2007), le gouvernement tchadien finit par reconnaitre la situation.

« Le gouvernement tchadien a pour la première fois reconnu, lors de la signature avec l’Unicef d’un protocole d’accord sur la protection des enfants associés aux forces et groupes armés, la présence d’enfants soldats dans les rangs de l’armée. »

«Le gouvernement s’est engagé à œuvrer pour le bien-être des enfants. Dans cette logique, nous avons signé cet accord pour matérialiser notre bonne volonté et libérer ces enfants des conflits armés», explique le secrétaire d’Etat aux Relations extérieures, Moussa Djida Outman. «Il y a quelques jours, à Mongo, des actions concrètes ont été posées en démobilisant plus de 300 enfants de l’armée nationale et c’est déjà un signal fort de la matérialisation de cette bonne volonté», ajoute-t-il.

Ces enfants ont été identifiés lors de la première mission conjointe de l'Unicef et du gouvernement tchadien. Ils ont recensé près de 400 enfants soldats dans le centre de formation de Mongo, au centre du pays. «Ils sont à peu près 380», explique un officier tchadien. «Beaucoup sont même partis avant le recensement. Il y en a environ une centaine parmi eux qui sont très jeunes, entre 8 et 12 ans. Ceux-là sont des ex-FUC, d’anciens rebelles», précise-t-il. «Chez nous, ce n'est pas comme chez les rebelles», explique un autre officier tchadien. «Ce sont des officiers en brousse qui ne connaissent pas les règles et acceptent dans l'armée des jeunes, souvent des neveux ou des petits cousins».

Un article de RFI en ligne



9 octobre 2007 ….Suite …Assassinat d'Anna Politkovskaïa

D’après Novaia Gazeta dans son numéro de lundi 8 octobre, les autorités sauraient qui a tué Anna Politkovskaia. C’est du moins ce qu’a déclaré aux journalistes le chef des enquêteurs : "les autorités russes savent qui a assassiné Anna Politkovskaïa voici un an ".

L'enquête avait été jusqu'ici ponctuée d'arrestation plus médiatiques que judiciaires et mettant en cause d'anciens responsables tchétchènes ou l'un des chefs de la mafia ukrainienne, ou encore des que commanditaires russes (les oligarques émigrés Boris Berezovski, Akhmad Zakaiev…) à partir de l'étranger visant à discréditer le président Poutine.

Mais les accusations ne semblent pas peser bien lourd pour le responsable de l'enquête qui affirme que l'homme qui a tiré sur Politkovskaïa ne figure pas parmi ces 11 personnes.

"Nous n'avons, à ce jour, pas inculpé l'assassin, mais nous savons de qui il s'agit", déclare au journal Novaïa Gazeta le chef des enquêteurs, sans préciser si le meurtrier en question est derrière les barreaux et pourquoi il n'a pas encore été inculpé. .

28 mai 2007 ….Suite …Assassinat de la journaliste russe Anna Politkovskaïa : son journal connaîtrait les commanditaires de son meurtre

La rédaction de Novaïa Gazeta, qui employait Anna Politkovskaïa, la journaliste russe assassinée le 7 octobre 2006, aurait identifié les commanditaires du meurtre, deux dignitaires du régime prorusse de Tchétchénie, affirme Libération dans son édition du 28 mai. Afin de se protéger d'éventuelles représailles, le journal russe, qui n'a encore publié aucun nom, a transmis ses informations à Libération, à la BBC ainsi qu'au Comité new-yorkais pour la protection des journalistes.

Le samedi 7 octobre 2006 la journaliste d'investigation du bihebdomadaire Novaïa Gazeta qui avient notamment enquêté sur la Tchétchénie, était abattue à l’entrée de son immeuble. Ce meutre probablement « politique » restait non élucidé.

Le Monde du 28 mai 2007 reprend les informations de Libération :

Selon Libération, les deux personnes suspectées par la rédaction de ce bihebdomadaire moscovite "occupent des postes très élevés dans le régime installé par Moscou. Le profil de l'un fait supposer des liens avec le FSB, les services secrets russes (...). Après l'assassinat d'Anna, ces suspects ou leurs proches ont été promus à des postes encore plus élevés".

Viatcheslav Ismaïlov, le journaliste qui mène l'enquête à Novaïa Gazeta, avance que "la question qui demeure est de savoir dans quelle mesure ils ont agi de façon indépendante ou s'ils sont liés aux services secrets russes", rapporte Libération.

Si la rédaction de Novaïa Gazeta révèle cette piste tchétchène, c'est parce que l'enquête officielle "est en train de dérailler", juge Libération, qui souligne : "D'après les sources, nombreuses, de Novaïa Gazeta en Tchétchénie, le président de la République lui-même, Ramzan Kadyrov, est aussi parfaitement informé de l'identité des commanditaires."

Les exécutants, trois suspects filmés par les caméras de surveillance de l'immeuble d'Anna Politkovskaïa, n'ont toujours pas été identifiés.


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