26 mai 2007 ….Suite …Révoltes paysannes dans le sud de la Chine contre la politique de contrôle des naissances
La Chine craque par ci par là mais tout finit toujours pour l’instant par rentrer dans l’ordre.
Le Monde du 22 mai 2007 :
« Des dizaines de milliers de paysans ont violemment manifesté, en fin de semaine dernière, dans plusieurs districts de la région autonome du Guangxi (sud de la Chine) pour protester contre la politique de contrôle des naissances.
Dans une ville au moins, cette manifestation aurait dégénéré en confrontation avec des centaines de policiers, ont raconté des témoins cités par l'Agence France-Presse. Des véhicules officiels ont été brûlés ainsi que des bâtiments publics. Certaines sources donnent des bilans divers, certaines parlant même de morts, notamment dans les rangs de responsables du planning familial.
Menace de baby-boom
La colère de ces agriculteurs a été provoquée par l'envoi de fonctionnaires chargés de faire payer des amendes à tous ceux qui avaient eu trop d'enfants. Depuis 1979, les Chinois des villes ne peuvent avoir plus d'un enfant, quant aux paysans, ils sont autorisés à en avoir deux, si leur premier bébé est de sexe féminin. L'obsession d'assurer leurs vieux jours pour des paysans dépourvus de retraites et de solides traditions patriarcales ancrées dans les mentalités font souvent préférer les garçons aux filles.
"C'est difficile de dire combien de personnes ont manifesté, mais on peut dire qu'il y avait une marée humaine", a raconté un témoin dans la ville de Shuiming. Selon des journaux de Hongkong, quelque 50 000 fermiers seraient descendus dans les rues de quatre villes de cette région, vendredi 18 et samedi 19 mai.
Ces incidents sont peut-être la résultante de pratiques qui semblaient, depuis plusieurs années, en voie de disparition : après l'imposition de la politique de contrôle des naissances, qui a sans doute permis d'éviter plusieurs centaines de millions de naissance en près de trente ans, les responsables du planning familial ont parfois imposé des mesures pour le moins coercitives dans des villages reculés : avortements forcés, confiscation des biens des "contrevenants", destruction ou incendie des propriétés de ceux qui ne voulaient pas obtempérer, etc.
Dernièrement, des démographes chinois se sont émus du fait qu'un nombre croissant de riches citadins n'hésitaient plus à payer des amendes afin d'avoir plus d'un enfant. La Chine serait, selon eux, menacée d'un nouveau baby-boom. Il est trop tôt pour savoir ce qui s'est passé dans le Guangxi mais, en ville, les amendes peuvent aller de 500 à 20 000 euros en fonction de la nature du "délit" ou des revenus de l'individu incriminé.
Selon des témoignages diffusés sur Internet par des sources du Guangxi, les responsables du planning familial auraient levé des amendes importantes et, surtout, imposé des avortements à des femmes enceintes ayant enfreint la norme. » .
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