8 novembre 2006 Suite des pilules fatales amaigrissantes
Au printemps 2006, le 28 avril précisément, un pharmacien, M. Maizil, avait été mis en examen pour des "gélules amaigrissantes" qu’il avait fabriqué dans son arrière boutique de la pharmacie Demours-Maizil, rue de Prony, dans le 17 e arrondissement de Paris. Motifs de la mise en examen,
"mise en danger de la vie d'autrui",
"homicide et blessures involontaires".
L'affaire a débuté le 18 avril quand une jeune femme a signalé que sa mère était en salle de réanimation à l'hôpital, dans le coma, entre la vie et la mort, après avoir consommé ces gélules.
Cette femme de 57 ans en décède finalement le soir du 17 avril, dix-sept autres personnes prévenues à partir de la pharmacie doivent être hospitalisées, dont sept présentent des pathologies graves.
Après analyse, il s'est avéré que ces gélules à base d'extraits thyroïdiens comportaient une dose de lévothyroxine (hormone thyroïdienne de synthèse) 400 à 800 fois supérieure à la dose thérapeutique attendue.
Stakhanoviste de la préparation pharmaceutique, M. Maizil fabriquait jusqu'à 4 000 gélules par jour.
Le médecin prescripteur a été suspendu par arrêté préfectoral et est convoqué en novembre devant la section disciplinaire du conseil régional de l'ordre des médecins pour manquement aux bonnes pratiques médicales.
L'enquête a démontré que ces gélules n'ont pas fait l'objet d'inscription sur l'ordonnancier, ce qui était une façon de détourner la loi Talon (interdisant de mélanger certaines substances).
De plus le pharmacien ne notait pas la délivrance de ces pilules, ni s a balance, ni l'uniformité de masse des gélules n'était pas contrôlée.
Du côté du médecin endocrinologue les ordonnances étaient illisibles, ne comportaient ni le nom du patient, ni la date, ni le tampon de la pharmacie. Son « business » était rentable à raison de 50 à 60 patientes par jour à 45 euros la consultation, cette énorme clientèle venant de toute l’Ile de France. Comme il n’a pas prescrit de substance interdite, le docteur Cressey pourrait ne pas être inquiété par la justice.
Certains pensent qu’il ya avait une sorte de partenariat d’affaires entre les deux, le pharmacien versant une commission pour chaque patient envoyé chez lui.
Au-delà de ce grave accident, cette affaire illustre les dérives de la médecine de la minceur et pose la question des pratiques médicales de voyous entrainées la sacro-sainte liberté de prescription.
Mais il n’est jamais trop tard pour le législateur pour réagir et depuis le 13 juin 2006 de telles substances sont interdites, avec la publication dans le journal officiel du 13 juin :
« Décision du 17 mai 2006 portant interdiction d’importation, de préparation, de prescription et de délivrance de préparations magistrales, officinales et hospitalières définies à l’article L. 5121-1 du code de la santé publique, y compris les préparations homéopathiques à des dilutions inférieures à la deuxième dilution centésimale hahnemannienne contenant de la poudre de thyroïde, des extraits de thyroïde, des hormones thyroïdiennes ou des dérivés d’hormones thyroïdiennes »
Voir :
http://www.legifrance.gouv.fr/image.....oe_20060613_0135_0015.pdf