SuiteDesNouvelles

La suite des informations que vous n'apprenez presque jamais…

Qu'en est-il maintenant ?


 

21 septembre 2006

Poussée continue de la violence

Les émeutes de novembre 2005 semblent avoir lâché une soupape chez les jeunes du 9-3. Si on en croit le nième rapport adressé par le préfet de Seine-Saint-Denis à Claude Guéant, directeur du cabinet de Nicolas Sarkozy au ministère de l'intérieur, et cité par le Monde du 19.09.06 .

Depuis le début de 2006 en Seine-Saint-Denis Les vols avec violences auraient notamment augmenté de 22,62 %, les vols avec armes blanches de 16,19 %. La part des mineurs dans la délinquance de voie publique est passée de 44,23 à 47,67 %.

Le même préfet s'inquiète aussi des problèmes d'encadrement et de motivation chez les policiers, stigmatise le laxisme Le tribunal de Bobigny qui entraine un sentiment d'impunité chez les jeunes à la suite des violences urbaines de novembre 2005 (le préfet note qu'en 2005, "sur 1651 mineurs déférés au parquet, seuls 132 ont été écroués, ce qui donne une idée de la marge de progression que le parquet possède actuellement, nonobstant le dogmatisme dont peut faire preuve le juge des enfants dans ce département" ).

En Seine-Saint-Denis, deux tiers de la population est étrangère ou d'origine étrangère et "les écarts se creusent, les envies s'exacerbent" , selon M. Cordet. Il souligne aussi la paupérisation d'une partie de la population et l'aggravation des inégalités dans un département à la dérive : "la Seine-Saint-Denis représente 35 % de la pauvreté d'Ile-de-France" .

L'amertume de M. Cordet rejoint celle des élus locaux qui en plus, se plaignent des pratiques policières.

Les émeutes ont libéré les interdits chez un certain nombre de jeunes" , Gilbert Roger maire PS de Bondy.

"Depuis novembre, un verrou a sauté pour une partie des adolescents" , Jean-Christophe Lagarde, député -maire UDF de Drancy.

"On fait face à des actes de violence quasi gratuite" , Christian Demuynck, sénateur-maire UMP de Neuilly-Plaisance, ().

En effet le déploiement des CRS pour compenser le manque d epoliciers sur le terrain exaspère un élu comme Jean-Christophe Lagarde estime que sa commune était mieux servie sous le gouvernement. "A l'époque - de Lionel Jospin- , pour 65 000 habitants et 120 kilomètres de rues, j'avais trois véhicules de police la nuit. Aujourd'hui , je n'en ai plus qu'une. Il suffit qu'il y ait un accident de circulation et il n'y a plus personne. Et les CRS, alors qu'ils sont censés patrouiller dans les quartiers, ne font que du contrôle routier. Ils ridiculisent la République quand ils arrêtent les citoyens qui n'ont rien fait et ils n'agissent pas contre les délinquants."

La jeunesse des fonctionnaires de police est perçue comme un autre problème, dans un département ou la plupart des fonctionnaires espèrent ne faire qu'un passage, le plus court possible. Le sénateur-maire UMP de Neuilly-Plaisance : "Les policiers qui arrivent chez nous ont à peine quatre ou cinq ans de plus que les délinquants. Ils sortent de l'école et n'ont aucune expérience. Comme ils ne sont pas assez nombreux, les bureaux ferment à 1 8 heures et les quartiers sont abandonnés" .

Et toute ces réactions ont entrainé une déclaration un peu "musclée" de Sarkozy contre le laxisme des magistrats de Bobigny, déclaration qui vient elle-même de provoquer un tollé parmi le corps des magistrats.

7 juin 2006
L'envolée de la violence à l'école : 73,2 % de hausse des faits de violences avec armes à l'école. Quel score pour la prochaine année scolaire ?

La présence d'armes à l'école explose si on peut dire,  + 73,2% d'une année sur l'autre : 667 faits de violences avec armes ont été recensés durant l'année scolaire 2004-2005, contre 385 l 'année précédente (étude de mai 2006 de la direction centrale des renseignements généraux (DCRG).

Sur la nature des armes employées et les cibles visées En 2004-2005:

•  armes à feu : 13% des cas recensés,

•  armes blanches : 36%

•  armes par destination : 51%

La même année, des élèves ont été visés 17 fois par des coups de feu, des membres du personnel à quatre reprises.

D'après les RG les violences scolaires sont en augmentation continue depuis le début des années 1990, avec un développement encore plus net à partir de 1995. Les violences physiques avec armes ne comptent que pour 2% des actes de violences signalées en 2004-2005par les chefs d'établissement.

Le syndicat des personnels de direction de l'Education nationale évoque les matraques, les barres de fer, les couteaux, voire les pistolets, qui squattent parfois les sacs à dos de certains collégiens et lycéens. Globalement, ce sont les collèges qui ont enregistré le plus grand nombre d'incidents par rapport à l'année dernière. Et notamment ceux qui sont situés dans les zones urbaines sensibles, et en Ile-de-France.

En comparaison de la situation aux Etats-Unis, le problème peut encore paraître mineur même si la tendance d'évolution est préoccupante.

L'image des Etats-Unis doit-elle nous rassurer ou n'est-elle que la perspective de notre situation dans quelques années ?

Durant l'année scolaire 2005-2006, au moins trente personnes ont trouvé la mort dans des écoles outre-Atlantique, selon un bilan de la National School Safety and Security Services, une société indépendante basée à Cleveland (Ohio). C'est un peu moins qu'en 2003-2004 (49 morts) mais beaucoup plus qu'en 1999-2000 (9 morts), l'année scolaire marquée par le drame du lycée Columbine de Littleton (Colorado).

Depuis Columbine, la plupart des collèges et lycées américains sont ainsi équipés de portiques de détection des métaux, qui ne sont pas toujours opérationnels. Le lycée de Red Lake en était doté. Le 22 mars 2005, un adolescent tue sept personnes après avoir mortellement blessé son grand-père et l'amie de celui-ci dans la réserve indienne Red Lake (Minnesota), la plus pauvre de la région.

Les drames impliquant des armes à feu surviennent en effet souvent dans des zones rurales, marquées par la pauvreté.

De plus, aux Etats-Unis, on insiste sur le fait que « les jeunes ont trop facilement accès aux armes, le trafic étant largement répandu.

La législation concernant les armes à feu n'a pourtant jamais été aussi stricte qu'actuellement. Au total, on compte plus de 40 000 lois fédérales contrôlant le port d'armes. Entre autres, la loi « Gun Control Act », adoptée en 1968, interdit aux personnes jugées ou en cours de jugement, aux fugitifs, aux dealers et aux immigrés illégaux d'acheter ou de porter une arme à feu. Cette même loi interdit la vente par correspondance des armes à feu, la vente d'arme entre habitants de différents Etats (sauf marchands licenciés), la vente d'armes de poing aux moins de 21 ans et celle de carabines ou de fusils de chasse aux moins de 18 ans.

Malgré tout, cinq ans après le passage de cette loi, le taux d'homicides a augmenté de 50% par rapport au taux national des cinq années précédentes. Cinq et dix ans plus tard, le taux a encore respectivement augmenté de 75 et 81%.

En 2002, les USA ont connu 10.801 homicides pour 275 millions d'habitants (soit 39 morts par million d'habitants) tandis que l'Union Europénne a compté 1.260 homicides pour 376 millions d'habitants (soit un peu plus de 3 morts par million d'habitants).

 

Retour aux autres suites de nouvelles en France...
Impossible de se connecter, veuillez vérifier vos infos de connexion