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14 novembre 2007

Pénurie pétrolière : La production mondiale d'or noir n'augmentera plus, selon l'ex-n°2 du pétrole saoudien

Citation intéressante dans le Monde en ligne du 16.11.07 de Sadad Al-Husseini, retiré depuis 2004 de la vice-présidence de l’Aramco – la compagnie pétrolière nationale saoudienne, la première du monde –

M. Husseini a donné, le 30 octobre, à Londres, devant un parterre de grands patrons du pétrole, réunis à l’occasion de la Oil & Money Conference, rendez-vous majeur de l’industrie pétrolière mondiale, un pronostic très sombre sur l'avenir de la production pétrolière, potentiellement catastrophique pour l'économie mondiale.

Son avis contredit les pays de l’OPEP, réunis samedi 17 et dimanche 18 novembre à Riyad, qui cherchent au contraire à rassurer.

D’après Sadad Al-Husseini trois « certitudes » :

- la production mondiale de pétrole et de gaz liquéfié va stagner jusqu’aux alentours de 2020, avant de décliner inexorablement . La capacité mondiale de production atteint aujourd'hui 84 millions de barils par jour (mb/j). Selon l’AIE (Agence internationale de l'énergie ), elle devra parvenir à 116 mb/j d'ici à 2030 pour satisfaire la demande mais d’après l’ex N°2 d’Aramco, elle ne pourra dépasser 70 mb/j en 2030. cette stagnation implique un renchérissement futur des prix du brut de 12 dollars chaque année, à mesure que se creusera l’écart entre une offre stagnante et une demande toujours plus forte.

- les chiffres officiels et notamment ceux de l’OPEP "exagèrent" les réserves planétaires de 300 milliards de barils, soit un quart du total encore exploitable. Selon l'ancien vice-président de l'Aramco, les champs pétroliers géants du golfe Persique sont désormais à 41 % vides, en moyenne. D’autre part, « L'Indonésie, l'Iran et le Venezuela, par exemple, vont voir leur capacité de production décliner. D'autres, comme le Koweït, l'Irak et les Emirats arabes unis ne pourront faire mieux que maintenir leur production, dans le meilleur des cas ».

- Les graphiques présentés par Sadad Al-Husseini font état, au moins, chaque fois que l'écart entre offre et demande augmentera de 1 mb/j. En 2006, selon BP, l'offre pétrolière mondiale s'est établie à 81,6 mb/j.

Prévision du Pic pétrolier en 2012 d’après l’Association pour l’Etude du Pic Pétrolier


29 octobre 2007 La production mondiale d'énergie pourrait devenir insuffisante avant 2040

Dans un article paru en janvier dans la Revue de l'énergie, le directeur R&D du géant français de l'électricité, Yves Bamberger, évoque "un nécessaire effacement de la demande [d'énergie] qui ne pourra être obtenu que par des efforts de sobriété".

Yves Bamberger, et le co-auteur de l’étude, Bernard Rogeaux, conseiller de synthèse de EDF R&D, sont pourtant optimistes en ce qui concerne l’augmentation de production d’énergie : ils prévoient que l'hydraulique serait multiplié par deux, les autres énergies renouvelables par vingt-cinq, le nucléaire et le charbon par cinq. Malgré ce développement colossal, "c'est avant 2040 que la demande énergétique mondiale ne peut plus être satisfaite avec les technologies aujourd'hui opérationnelles".

Du côté de la consommation, les chercheurs d'EDF R&D sont tout aussi optimistes, ce qu’ils admettent d’ailleurs volontiers. Ils retiennent en effet une hypothèse de croissance de la demande mondiale d'énergie de seulement 1,7 % par an, quand l'Agence internationale de l'énergie table sur 2,4 %.

De plus soulignent les auteurs, ces hypothèses ne pourront se réaliser que par un "recours massif au charbon" qui « nécessite dès 2030 la liquéfaction de près de 2 milliards de tonnes de charbon... à un horizon où la capture-stockage du CO2 ne sera certainement pas généralisée" et entrainera donc des émissions annuelles de CO2 atteignant 9 à 10 gigatonnes d'équivalent carbone d'ici à 2020-2040. La "limite souhaitable" pour contenir l'impact de ce gaz à effet de serre sur le climat est estimée à 3 gigatonnes...

L’étude d’EDF R&D fait valoir que les nouvelles technologies "requièrent le plus souvent un délai incompressible de vingt à trente ans pour être déployées massivement".

D’après les chercheurs de telles technologies ne sont pas visibles aujourd’hui, pour générer une source d'énergie miracle pour venir combler, dans une génération, le déclin de celles que l'humanité maîtrise déjà.

La seule solution qui se dessine d’après eux est que l’indispensable sobriété énergétique devra être imposée aux populations par des plans d'urgence.

Comme en écho à cette étude, une publication récente de l'Académie nationale des sciences des Etats-Unis qui indique que le taux de CO2 dans l'atmosphère augmente plus vite que prévu. La concentration des émissions de gaz carbonique dans l'atmosphère a augmenté de 35 % entre le début des années 1990 et les années 2000-2006, passant de 7 à 10 milliards de tonnes par an, alors que le protocole de Kyoto prévoyait qu'en 2012, ces émissions responsables du réchauffement climatique devaient avoir baissé de 5 % par rapport à 1990.

Ces résultats obligent à une révision à la hausse des prévisions du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat qui, dans son rapport de février, tablait sur une augmentation de la température moyenne de la terre de 1,8 °C à 4 °C à l'horizon 2100.

Enfin, au même moment un groupe d’études allemand arrive à la conclusion que le pic pétrolier a été atteint en 2006.

Selon les chiffres publiés par l'institut Energy Watch Group, la production de pétrole dans le monde a atteint son pic en 2006, et devrait décliner de moitié d'ici 2030,. "Cela créera un manque de production qu'il sera difficile de combler malgré l'exploitation grandissante d'autres énergies fossiles, du nucléaire ou de sources alternatives".

D'après les chiffres de l'EWG, le monde a produit 81 millions de barils par jour (Mbj) en 2006. En 2020, il devrait en produire 58 millions par jour, puis simplement 39 millions en 2030 - une baisse de plus de 50% par rapport aux niveaux actuels.

Cette affirmation contredit les projections de l'Agence internationale de l'Energie (AIE), qui table sur 105 Mbj en 2020 (extrapolation de l'EWG à partir d'une projection de l'AIE pour 2015), 116 Mbj en 2030.

Les 2 organismes s’opposent aussi sur l’évaluation des réserves mondiales 854 000 millions de barils pour l’EWG contre 1 255 000 millions pour l’AIE.

EWG estime que les chiffres sont artificiellement gonflés pour des raisons politiques. La base de données utilisée par l'industrie, baptisée IHS, surestime, toujours selon le groupe, les réserves de plusieurs pays, et surtout celles de l'Irak, de l'Iran, de l'Arabie Saoudite et du Venezuela, quatre des fondateurs de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole.

Crude Oil - The Supply Outlook
Rapport du groupe Energy Watch

Agence internationale de l'énergie
Site officiel

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