En bref, Claude Allègre ne croit pas au « réchauffement global » mais au « changement climatique », ce qui ne serait pas si grave, le CO2 n’étant pas un facteur notable et surtout que l’activité humaine n’étant pas impactée ou ayant les moyens de s’en défendre.
Mais le plus drôle, d’où son récent surnom de Chevalier de la Terre Plate, c’est que sa position « scientifique » nécessiterait que la soit un disque plat ! (leurs calculs pour affirmer que le réchauffement constaté ne provient que pour une part infime des gaz à effet de serre suppose une Terre noire et plate!)
Avec son comparse Vincent Courtillot, également de l'Académie des Sciences française, Claude Allègre (actuellement directeur de l'Institut de Physique du Globe de Paris (IPGP) et qui fut de plus le Ministre de l'Education Nationale, de la Recherche et de la Technologie sous le gouvernement Jospin), contestent les thèses dominantes du réchauffement climatique.
Allègre a une liste impressionnante d'articles ayant sujet à la Terre interne, et. Courtillot a un passé reconnu en recherche fondamentale sur le géomagnétisme, et est actuellement le président de la Section de Géomagnétisme et Paléomagnétisme de l'American Geophysical Union.
(voir également les articles du Figaro,
du Monde et de Libération.
Allègre ne publie pas ses idées sur le climat dans la littérature scientifique mais « vulgarise » dans un petit ouvrage humblement intitulé Ma vérité sur la planète (Plon/Fayard, Paris, 2007) : « J'ai peine à croire qu'on puisse prédire avec précision le temps qu'il fera dans un siècle alors qu'on ne peut pas prévoir celui qu'il fera dans une semaine » (p.89). Il répète également le raisonnement faux que les relations de phase entre CO2 et température mesurés dans les carottes de glace de l'Antarctique prouvent que c'est la température qui est responsable des variations de CO2 plutôt que l'inverse – un raisonnement éculé et largement discrédité (lire ici un résumé des contre-arguments). Il y a peu de choses à ajouter sur ces arguments, sauf que la capacité d'Allègre à les répéter indique soit une remarquable crédulité, soit un inquiétant manque d'intégrité scientifique.
Ailleurs, pourtant, Allègre excelle dans l'art de servir des balivernes comme arguments scientifiques.
Courtillot quat à lui prétend par exemple que les nuages sont responsables d'un forçage radiatif de 80 watts par mètre carré, de sorte qu'un changement aussi faible que 3% de la couverture nuageuse induirait un forçage radiatif de 2,4 watts par mètre carré, comparable à celui actuel des gaz à effet de serre.
Mais pour obtenir ce chiffre, Courtillot a évidemment supposé que l'albédo terrestre est entièrement dû aux nuages, et de plus il a négligé l'effet de serre des nuages.
Calculé correctement, le forçage radiatif net des nuages est plutôt de 20 watts par mètre carré, de sorte qu'une variation de 3% donne seulement 0,6 watts par mètre carré, très inférieur au forçage radiatif actuel des gaz à effet de serre, sans même parler de celui qui nous attend.
Cette gaffe n'est rien en comparaison de la difficulté éprouvée pendant les débats par Le Mouël, qui collabore avec Courtillot, lorsqu'il essaya de montrer que la variation de 1 watt par mètre carré de l'irradiance solaire au cours d'un cycle solaire représente vraiment la moitié du forçage des gaz à effet de serre.
Bon, il y a un détail que Le Mouël oublie de prendre en compte, c'est la sphéricité de la Terre (ce qui implique de diviser l'irradiance solaire par 4) ou sa réflectance (ce qui implique de prendre 70% du résultat).
Comme le reporter du Monde le soulignait malicieusement, le calcul de Le Mouël suppose une Terre noire et plate, mais "Hélas! La Terre est ronde" (zut alors !). Le Mouël semble ainsi suivre avec ferveur Allègre dans ses mauvais pas en géométrie : dans un livre de 1988 (12 clés pour la géologie, Belin/Paris), Allègre affirme sûr de lui que le gradient de température entre les pôles et l'équateur est dû à l'albédo de la neige et à l'absorption de l'atmosphère, ne faisant aucune mention du rôle de la géométrie sphérique de la Terre, qui est de loin le facteur dominant (et la raison de la présence aux pôles de glace avec un albédo élevé).
La rotondité de la Terre l'ayant privé de son 1 watt par mètre carré –qui de toute façon est pratiquement moyenné au cours d'un cycle solaire et ne laisse qu'un dixième de watt par mètre carré entre les cycles– Courtillot se raccrocha à la possibilité d'un mécanisme non linéaire, inconnu et non quantifié, pour transformer la variabilité solaire haute fréquence en une tendance sur un siècle.
Comme le raconte également drôlement backchich.info dont voici quelques extraits des prouesses d’Allègre en matière de croyances climatologiques http://www.bakchich.info/article3038.html :
Il est à peine arrivé à la direction de l’IPGP, en 1976, quand la Soufrière, le volcan actif culminant au dessus de la Guadeloupe, fait mine de se fâcher. Sur ce sujet assez pointu, le tout nouveau patron de l’IPGP, qui est loin d’être un expert en volcanologie, s’oppose à son aîné de 23 ans, Haroun Tazieff. Ce dernier consacre sa vie à l’étude des volcans depuis 1948 et il est précisément responsable de la surveillance de la Soufrière depuis 1973, en tant que responsable du service volcanologique de l’IPGP.
Allègre promet dur comme fer une éruption dangereuse, avec « nuées ardentes », Tazieff calme le jeu. Ses analyses n’annoncent pas une montée du magma, il pronostique une simple « éruption phréatique », sans réel danger. Le préfet déclenche finalement l’évacuation générale de la population, qui attendra trois mois une catastrophe, laquelle ne viendra pas.
20 ans plus tard, a contrario, Claude Allègre n’a pas peur de l’amiante. Depuis 1976, justement, les personnels du campus de Jussieu à Paris se bagarrent pour que des mesures soient prises afin de les protéger de cette dangereuse fibre qui a été massivement utilisée pour protéger contre le feu la structure métallique de ce vaste bâtiment. Ils ont découvert le scandale plus général de l’amiante : on sait depuis le début du siècle que les fibres d’amiante provoquent de terribles cancers des poumons et de la plèvre (le mésothéliome), jusqu’à 50 ans après l’exposition. Des milliers de morts se profilent à l’horizon, mais l’industrie a réussi à maintenir le couvercle sur la marmite. Dès 1976, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) classait l’amiante parmi les « cancérigènes certains » pour l’homme.
Mais un scientifique, Claude Allègre, dira haut et fort que l’amiante n’est pas si dangereux, tirant de son chapeau des chiffres et des théories personnelles sur la question, clouant au besoin le bec de ses contradicteurs à l’aide d’arguments aussi scientifiques que : « ce n’est pas au géologue que je suis que l’on va apprendre ce qu’est l’amiante » (souvenir personnel d’un ancien salarié de Jussieu). Selon Claude Allègre, l’amiante n’est dangereux qu’à haute dose, ne sont en danger que les personnels travaillant directement à son contact. Il suffit donc de « plâtrer » l’amiante de Jussieu pour la stabiliser, et basta !
Et puis arrive la spécialité de « climatologue » de Claude Allègre, déjà évoquée au début :
Les climatologues s’amusent également comme des fous avec cette autre perle – de Claude Allègre - « Je ne pense pas que la notion de température moyenne de la Terre soit un paramètre valable pour décrire le climat, tant la variabilité géographique est considérable ». Cette variabilité ne leur avait pas échappé, mais ils persistent à vouloir la prendre en compte à l’aide de divers outils mathématiques, parmi lesquels ils ne dédaignent pas… la moyenne.
Voir également :
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