La disparition des abeilles s’accélère incroyablement
On ne sait toujours pas de quoi meurent les abeilles, ondes de télécommunication avec la généralisation des téléphone mobiles, pesticides qui détruisent les défenses immunitaires des abeilles, nouveaux microbes, mais leur disparition s’accélère dramatiquement
Un article des Echos du 20 août 2007 signalait que les abeilles s’éteignaient par milliards depuis quelques mois » et en déduisaient les conséquences pour l’espèce humaine.
En quelques mois, entre 60 % et 90 % des abeilles se sont ainsi volatilisées aux Etats-Unis où les dernières estimations chiffrent à 1,5 million (sur 2,4 millions de ruches au total) le nombre de colonies qui ont disparu dans 27 Etats. Au Québec, 40 % des ruches sont portées manquantes.
En Allemagne, selon l’association nationale des apiculteurs, le quart des colonies a été décimé avec des pertes jusqu’à 80 % dans certains élevages.
Même chose en Suisse, en Italie, au Portugal, en Grèce, en Autriche, en Pologne, en Angleterre où le syndrome a été baptisé « phénomène « Marie-Céleste » », du nom du navire dont l’équipage s’est volatilisé en 1872.
En France, où les apiculteurs ont connu de lourdes pertes depuis 1995 (entre 300.000 et 400.000 abeilles chaque année) jusqu’à l’interdiction du pesticide incriminé, le Gaucho, sur les champs de maïs et de tournesol, l’épidémie a également repris de plus belle, avec des pertes allant de 15 % à 95 % selon les cheptels.
L’effet d’avalanche du phénomène de disparition semble du au fait que les abeilles sont plus susceptibles de disparaître que la majorité des autres organismes, car elles sont soumises à un mécanisme inhabituel de détermination du sexe qui transforme certaines femelles en mâles stériles.
Les grandes populations d'abeilles peuvent maintenir une grande variété d'allèles différents, ce qui permet de réduire au minimum la production de mâles stériles. Toutefois, plus la taille de la population diminue, plus la diversité génétique diminue, entraînant la production d'un grand nombre de mâles stériles.
Cet effet cause encore plus de tort à une population déjà décroissante et peut facilement causer son effondrement. Une population d'abeilles en voie d'extinction disparaîtra jusqu'à dix fois plus vite que toute autre espèce en voie d'extinction ayant une population de même taille.
Le phénomène est d’autant plus préoccupant que 80 % des espèces végétales ont besoin des abeilles pour être fécondées. Sans elles, ni pollinisation, et pratiquement ni fruits, ni légumes. « Trois quart des cultures qui nourrissent l’humanité en dépendent », selon Bernard Vaissière, spécialiste des pollinisateurs à l’Inra (Institut national de recherche agronomique).
Curieusement, Einstein avait déjà perçu cette interdépendance des abeilles et des hommes : "Si l’abeille disparaissait du globe, avait-il prédit, l’homme n’aurait plus que quatre années à vivre".