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12 octobre 2007

Une prolifération inéluctable de méduses au menu des prochaines années

La prolifération cyclique des méduses menace, à très court terme, de devenir permanente. Dans quelques années, on ne pourra peut-être plus se baigner que dans les complexes hôteliers ou les stations balnéaires qui auront les moyens de protéger leurs plages par de grands filets.

Partout dans le monde, les phénomènes de prolifération des méduses se multiplient, en Méditerranée, sur les côtes du Pacifique et de l’Atlantique. Des chercheurs ont montré en 2006 que, le long des côtes namibiennes, dans l'Atlantique sud, les méduses pesaient plus lourd dans la biomasse locale que tous les poissons. Dans le golfe du Mexique, des méduses géantes inquiètent, de plus en plus souvent, les pêcheries de crevettes. En mer du Japon, des monstres venimeux de 200 kilos, aux tentacules s'allongeant jusqu'à 35 mètres, se sont signalés par des proliférations de plus en plus marquées (Le Monde du 5 janvier 2006).

Les causes de cette domination de plus en plus affirmée des invertébrés sont multiples, et parfois encore mal connues.

En Méditerranée, les proliférations de Pelagia noctiluca, comme celle qui a touché massivement, cet été, les côtes espagnoles, sont attribuées de plus en plus nettement par les spécialistes aux changements climatiques.

A ces causes climatiques s'ajoute la surpêche de certaines espèces, comme les thons ou les tortues en Méditerranée, qui mangent des méduses.

De plus s’amorce ainsi un cercle vicieux car les méduses, apparues il y a 600 millions d’années, sont des animaux carnivores qui ne connaissent pas la satiété. Lorsqu’elles n’ont plus de prédateurs, elles n’ont plus de concurrents pour leur nourriture.

Elles deviennent donc de plus en plus nombreuses et de plus en plus grosses. Avec leurs filaments venimeux, elles peuvent causer des ravages équivalents, à leur échelle, à ceux des filets des pêcheurs. Plus elles seront nombreuses, plus elles décimeront les oeufs et les larves de leurs prédateurs ou de leurs concurrents

En Baltique ou en mer Noire, les derniers bancs de harengs ou d'anchois sont ainsi en passe de disparaître. En Méditerranée, les autorités espagnoles tentent de réintroduire des tortues à proximité des sites touristiques, pour rétablir l'équilibre.


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