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11 juillet 2007

Pénurie de pétrole à partir de 2012, selon l'AIE

Jusqu’à pèsent les informations sur la date du pic pétrolier se multipliaient, plus contradictoires de jour en jour. Mais maintenant c’est un organisme officiel, qui annonce de la pénurie pour 2012.

Les Echos du 10 juillet 2007 :

Loin de réguler le marché, les prix élevés du pétrole ne l'empêcheront pas de devenir de plus en plus tendu à partir de 2010, selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE). Dans son dernier rapport paru hier, l'organisme présidé par Claude Mandil prédit à cet horizon une diminution des capacités de production non utilisées de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), qui devraient tomber à un niveau historiquement bas en 2012 et ne joueront donc plus leur rôle de coussin de sécurité face aux aléas, rendant possible des ruptures d'approvisionnement et une situation de pénurie.

La scène pétrolière mondiale subit un effet de ciseau. La demande mondiale va continuer de croître dans les pays émergents. Dans des zones comme la Chine et le Moyen-Orient, la demande de pétrole devrait croître trois fois plus vite que dans l'OCDE. Avec pour conséquence une révision à la hausse de la demande pétrolière mondiale totale. L'AIE estime désormais que cette dernière devrait connaître une croissance de 2,2 % par an, pour atteindre 96 millions de barils quotidiens en 2012. La demande s'accélère donc considérablement. Pour mémoire, elle n'avait progressé en moyenne que de 1,4 % par an entre 2000 et 2007. Parallèlement, l'offre de brut va peiner à suivre. Les projets actuellement développés dans l'amont pétrolier devraient prendre du retard, notamment du fait des importants goulets d'étranglements existant au niveau des capacités de construction et de forage. A cela s'ajoute le moindre dynamisme des compagnies pétrolières étatiques par rapport au secteur privé.

Evolution en deux temps

Or, un peu partout actuellement, on assiste à une renationalisation du secteur pétrolier, comme en Russie et au Venezuela. Ceci devrait limiter la capacité de l'Opep à augmenter sa production, tandis que l'offre de pétrole hors Opep ne devrait augmenter que de 1 % par an d'ici à 2012. L'accroissement de la production de biocarburants ne suffira pas à compenser ces insuffisances de l'offre.

Résultat : une évolution en deux temps. Les capacités de production disponibles du cartel, actuellement très basses (2,5 millions de barils par jour cette année) devraient commencer par augmenter, pour atteindre environ 3,4 millions de barils par jour en 2009. De quoi soulager momentanément le marché, même si ce niveau est inférieur de 2 millions de barils à ce que l'AIE prévoyait encore il y a quelques mois. Mais le répit sera de courte durée. A partir de 2009, ces capacités excédentaires de l'Opep devraient en effet brutalement chuter, pour ne plus représenter que 1,6 million de barils par jour en 2012.



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