Crise économique en Islande ? (suite)
Pour financer leurs entrepreneurs, les banques islandaises ont emprunté massivement De plus ce financement a aussi pu s'appuyer sur le développement des fonds de pension islandais. Lancés en 1984 dans l'île, ceux-ci totalisent en 2006 près de 13 milliards d'euros, soit 110% du PIB.
Mais cela n'a pas suffit à financer le boom de l'économie islandaise ni les multiples achats à l'étranger, le solde a été couvert par des emprunts massifs.
Les trois grandes banques islandaises ont favorisé ces investissements par de forts taux de rémunération des obligations émises. Les investisseurs empruntaient à des taux faibles, notamment dans la zone euro ou encore mieux au Japon, pour investir l'argent dans les obligations islandaises (comme celles émises par les trois banques islandaises) offrant un taux de rémunération supérieur à 10 %.
Le jeu est simple, pour caricaturer, on emprunte à 0% à Tokyo, pour acquérir des obligations à 10 % à Reykjavík : l'argent rentre ainsi à flots pendant des années en Islande, entretenant le boom économique. Mais maintenant que l'économie du Japon repart et que ce pays remonte ses taux, le système s'effondre, les traders sont perdants et arrêtent le jeu.
Le bureau de Londres de Merrill Lynch estime que les banques islandaises ont pour près de 18 milliards de dollars de dettes arrivant à échéance au cours des deux prochaines années, ce qui correspond à 150 % du PIB islandais.
Les banques islandaises vont être à la limite de pouvoir assurer ce remboursement et vont devoir se refinancer d'ici 2007, avec les risques que cela comporte.
Au Danemark, le quotidien Jyllands-Posten du 13 mars parlait d'un effondrement général du système bancaire islandais : « Les banques islandaises risquent de se retrouver face à de graves difficultés économiques. Dans plusieurs parties de l'Europe, les grands investisseurs institutionnels ont cessé de prêter aux entrepreneurs avides d'Islande » . La banque danoise Nykredit conseille aux investisseurs de se retirer du marché bancaire islandais, où la crise pourrait avoir « d'incalculables conséquences ». Les emprunts des banques islandaises sont si importants que l'Etat ne pourrait sans doute pas à lui seul y faire face. Et, comme le note Nykredit, étant donné qu'une bonne partie des investissements sont à l'étranger, l'Etat n'a pas la même obligation de les sauver. D'après les analystes de la banque danoise Danske, la couronne islandaise pourrait tomber de 25 % et le PIB du pays pourrait reculer de 5 à 10 % en deux ans.
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