2 février 2008 Société Générale : quand connaitrons-nous les gagnants ?
A l’heure où les cinq plus grands établissements de Wall Street ont payé – en pleine crise t dégringolade – à leurs employés un bonus indécent de 66 milliards de dollars en 2007 - 9 % de plus qu'en 2006 (LE MONDE 21.01.08), la catastrophe de la Société Générale est bien mal venue.
Mais le mal vient précisément de ces bonus disproportionnés qui ont deux conséquences très graves : Premièrement, ils attirent trop de gens talentueux dans la finance au détriment d’autres activités bien plus utiles, voire indispensables comme la recherche, l'enseignement, la médecine
Deuxièmement et c’est ce qu’on a constaté à la Société Générale, ce système de carotte inconséquent encourage les traders à prendre des risques toujours plus importants.
Après tout, la focalisation sur Jérôme Kerviel, le trader malchanceux, est une tentative de Société Générale de compenser ses pertes sur les subprimes, par d’autres paris sur les marchés financier, mais ces paris, après avoir été gagnants jusqu’à début 2008 ont subitement dérapé et entraîné la banque dans un naufrage qui n’est pas terminé.
Plutôt que d'avouer ses manœuvres et ses pertes aussi énormes qu’irréelles, la Société Générale désigne un coupable que tout le monde financier enterre, alors qu’aucun financier ne croit à ce schéma.
D’après Rue 89 (30/01/2008), plusieurs alertes ont été adressées à la Société Générale, alertes que la banque a ignorées.
« Dès le mois de juillet 2007, plusieurs traders indépendants ont remarqué les agissements d'un investisseur particulièrement important. Les "positions" (les paris sur l'évolution des valeurs) défendues alors par "le Gros", comme ils le surnommaient alors, sur le marché du DAX, l'indice de la bourse allemande, permettaient dans certains cas d'enrayer les mouvements de baisse. »
Dès novembre, les Allemands mettent en garde la banque. Eurex, société de trading et de compensation pour les marchés boursiers allemand et suisse, aurait formellement alerté la Société générale sur les agissements de Jérôme Kerviel. Et ce dès la fin de l'année 2005, puis en 2006 à nouveau, en raison de "positions spéculatives" prises sur le DAX.
Au mois de novembre 2007, Eurex réitère son avertissement à la SG en identifiant clairement Jérôme Kerviel, si l'on en croit Jean-Claude Marin, procureur de la République de Paris.
Et au fait, où est passé l’argent perdu par la Société Générale, il a bien été gagné par d’autres, qui peut expliquer qui sont les gagnants ?
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