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Qu'en est-il maintenant ?


 


19 juillet 2006

Elle avait déjà serré la vis monétaire de 0,75% le 30 mars. En juin elle l’a encore relevé de 0,75% pour arriver à 12,25%. Le 16 août le taux directeur a de nouveau été relevé de 0.5 points à 13.5% et dès le 14 septembre encore de 0.5 points à 14.0%.

L’Islande n’arrive apparemment pas à se dépêtrer de sa crise qui spirale vers des taux de l’argent hors concours dans les économies occidentales.

La consommation intérieure reste soutenue, la surchauffe et les tensions sur l’économie continuent. Le taux d'inflation en rythme annuel frise maintenant les 9 % alors que l'objectif de la banque centrale était de 2,5% pour 2006.

Confrontée à un important déficit extérieur et à une bulle de crédits domestiques, la banque centrale islandaise est obligée de relever ses taux d'intérêt pour contrer l'inflation, éviter l'effondrement de sa monnaie, et continuer à attirer les investisseurs. La couronne islandaise a perdu plus de 20% par rapport à l'euro et au dollar depuis le début de l'année.

Le déficit commercial a augmenté de 50%, par rapport à 2005 avec une forte montée des importations.

Mais malgré le taux incroyablement élevé de l’argent, la situation semble arriver à un début d’atterrissage mi-septembre. La Banque Centrale a publié un rapport optimiste sur la stabilité financière du pays, les prix domestiques ont commencé à baisser et l’inflation devrait descendre de 8,6 % à 7.7%.

Rappelons qu’en raison de cette surchauffe de l'économie islandaise, de la croissance du déficit extérieur et de l'endettement des ménages, une agence de notation (Fitch) émettait des doutes, en février 2006, quant à la solvabilité de l'Islande. D'autres agences (Moody's, Standard & Poor's) ont estimé qu'il n'y avait pas lieu de changer l'appréciation du degré de solvabilité de l'Islande.

Elle veut ainsi éviter le déclenchement d'une spirale salaires/prix. 

Un renversement de tendance sur l’exportation est également attendu avec la montée en puissance de l’industrie de l'aluminium, grace à une énergie hydraulique disponible à profusion. L'Islande peut devenir un des grands producteurs d'aluminium mondiaux si  deux nouveaux projets se concrétisent. Actuellement, les deux usines en activité en Islande produisent annuellement 270.000 tonnes d'aluminium. En 2008, la capacité pourrait être de 760.000 tonnes, environ 6% de la production mondiale, selon le ministère islandais de l'Industrie.

La crise a tout de même entraîné un changement de gouvernement à l’intérieur des mêmes cercles de pouvoir.

A la suite de la défaite de son parti aux élections municipales du 27 mai, le premier ministre islandais Halldor Asgrimsson a démissionné, remplacé par Geir Haarde(conservateur), ministre des affaires étrangères. La coalition gouvernementale est restée la même, composée du Parti de l’indépendance (droite) et du Parti du progrès (centre) et en place depuis 1995.

Né en 1951, Geir Haarde a fait des études d'économie aux Etats-Unis et préside le Parti de l'Indépendance depuis 2005. Avant d’être le ministre des Affaires étrangères du gouvernement précédent, il avait été à la tête des Finances du pays de1998 à 2005.

Le Premier ministre est le véritable chef de l’exécutif en Islande.

En savoir plus, un article global sur l’Islande sur http://www.diploweb.com/forum/islande06093.htm

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