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Politique

Abimael Guzman

Quatorze ans après son arrestation, le procès d'Abimael Guzman s’est achevé vendredi 13 octobre.

Manuel Rubén Abimael Guzmán Reynoso , alias le Président Gonzalo, est le fondateur et chef historique du Sentier lumineux qui a ravagé le Pérou dans les années 80 et 90.

Né en 1934 à Arequipa, fils illégitime d'un riche commerçant, Abimael Guzman Reinoso, étudiant en philosophie timide et appliqué, arrive comme professeur de philosophie à l'université d’Ayacucho en 1962. Huit ans plus tard, le professeur connu pour ses idées marxistes, léninistes et maoïstes, se trouve en dissidence du parti communiste péruvien et fonde le Parti communiste du Pérou-Sentier lumineux (PCP-SL), en référence à José Carlos Mariategui, fondateur du Parti socialiste péruvien, en 1928, qui qualifiait le marxisme-léninisme de "sentier lumineux du futur".

"Abimael Guzman était un professeur moyen, qui parlait peu et n'avait rien pour se faire remarquer. Malgré tout, c'était un personnage très respecté" , raconte Isabel Coral, aujourd’hui chercheuse et qui a côtoyé Abimael Guzman, dans les années 1970,.

Après un séjour de plusieurs mois en Chine, il démissionne de l'université en 1978, et entre dans la clandestinité pour fonder le Sentier Lumineux, un mouvement qui prône la lutte armée pour renverser l'État péruvien.

Son organisation est à l'image de son fondateur : obsédée par le secret. Ainsi, pendant longtemps, on n'aura que très peu de photos sur lui. Il finit par être arrêté le 12 septembre 1992, et aujourd'hui il est maintenu au secret, emprisonné à la base navale de San Lorenzo, sur une île gardée par la marine de guerre du Pérou. Il a été jugé et condamné en 1993 par un tribunal militaire formé de juges masqués, afin de les protéger ainsi que leurs familles de représailles meurtrières des partisans de ce mouvement agissant toujours clandestinement dans certaines provinces et districts. Ce premier jugement a été jugé anticonstitutionnel en 2003.

Vendredi 13 octobre, le président de la salle pénale nationale a condamné Abimael Guzman à la prison à vie pour "terrorisme aggravé contre l'Etat et homicides qualifiés", tout comme Elena Iparraguirre, sa compagne et bras droit à la tête du parti. Dix autres dirigeants rebelles ont, eux, écopé de peines allant de vingt-quatre à trente-cinq ans d'incarcération.

Les cheveux gris, le regard caché derrière de grosses lunettes, Abimael Guzman ne renie rien de ses convictions. A 71 ans, il reste le chef incontesté du Sentier lumineux, le mouvement marxiste-léniniste-maoïste qui a semé la terreur dans l'ensemble du Pérou, au nom de sa "guerre populaire contre l'Etat", menée tout au long des années 1980 et 1990.

Abimael Guzman avait déjà été condamné en 1993 à la prison à perpétuité par un tribunal militaire composé de juges au visage masqué, mais le Tribunal constitutionnel invalida le jugement en 2003, et ordonna la tenue d'un procès civil.

L’arrestation précipite de Guzman précipita rapidement la chute de l'organisation. Avec son obsession du secret et du pouvoir, son hégémonie toute-puissante au sein de son organisation empêchait l’émergence d’un successeur. Privé de son chef énigmatique et d’autres cadres importants, l’organisation s’écroula.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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