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8 juin 2006

Le secret du mécanisme astronomique d'Anticythère

Ce mécanisme a été remonté par des pêcheurs d'éponges en 1900, trouvé dans une épave antique, au milieu d'une cargaison d'amphores et de statues. Le navire gisait par 40 m de fond, près des côtes de l'île grecque d'Anticythère, entre la Crète et le Péloponnèse.

L'objet constitué d'une vingtaine de roues dentées de bronze corrodé, se trouvait dans les restes d'une boîte en bois qui ne sera pas conservée. L'ensemble mesure environ 21 centimètres sur 16 pour 5 d'épaisseur.

Restauré dans les années 1950 pour faire émerger ces morceaux plus en détail de sa chape de corail et de calcaire, le mécanisme révéla des inscriptions et des graduations qui permirent de dater ces vestiges, d'après la forme des caractères, de 90 à 80 avant J.-C.

On classa alors l'objet dans les collections du Musée national archéologique d'Athènes comme "banal" astrolabe, instrument inventé par Hipparque au II e siècle av. J.C., permettant de mesurer la hauteur d'un astre au-dessus de l'horizon.

Jusqu'en 1959 ou M. Price, un physicien britannique à l'esprit ouvert et curieux appliqua un procédé de désoxydation électrolytique et mit ainsi en évidence les cadrans, les aiguilles, une vingtaine d'engrenages (découpés dans des plaques de bronze de 2 millimètres d'épaisseur) et les différentiels du mécanisme manuel.

Le mécanisme est donc beaucoup plus complexe qu'un simple astrolabe et il avait sans doute été conçu pour décrire avec une très grande précision les mouvements des astres, en particulier du soleil et de la lune.

Solla Price, poussa l'investigation plus avant. En utilisant un procédé de désoxydation électrolytique, il fit apparaître un dispositif extrêmement complexe, comprenant, outre la vingtaine de roues dentées, des axes, des tambours, des aiguilles mobiles et trois cadrans gravés d'inscriptions et de signes astronomiques.

La machinerie était beaucoup trop élaborée pour être celle d'un simple astrolabe. Solla Price y vit un "calculateur calendaire" , ancêtre des horloges astronomiques de la Renaissance.

D'après lui le principe de fonctionnement, reposait sur les mouvements différentiels des engrenages, qui permettait,de calculer la position des astres à un moment donné.

La sophistication du système que faisait apparaître cette nouvelle analyse fit beaucoup de sceptiques qui contestèrent la datation. Pour répondre aux discussions une nouvelle expertise scientifique a débuté à l'automne 2005. avec un tomographe à rayons X de près de 8 tonnes.

Cette analyse aux rayons X a permis de découvrir de nouvelles inscriptions en grec, sur les pièces du mécanisme ou sur des fragments de feuilles de bronze, à la fois mode d'emploi de l'appareil et traité d'astronomie, faisant référence aux étoiles.

Les scientifiques qui ont travaillé sur cette étude pensent maintenant qu'il s'agissait d'une machine à calculer les mouvements du Soleil et de la Lune, voire ceux de quelques planètes .

Les résultats des analyses en cours devraient être communiqués à l'automne 2006, lors d'une conférence internationale à Athènes…. A suivre…

 

Mais le mécanisme astronomique d'Anticythère pose aussi une autre question fondamentale : jusqu'à présent on voyait les Grecs de l'Antiquité plutôt en érudits « scientifiques » plutôt qu'en « ingénieurs » capables d'appliquées leurs connaissances mathématiques et astronomiques à la construction de machines.

Pour construire la machine à calculer d'Anticythère il y a plus de 2000 ans il fallait être à la fois un érudit à la pointe des connaissances astronomiques de son temps, et un artisan de génie, ou réunir en des lieux proches un savant et un mécanicien capable d e ciseler les engrenages avec une extrême précision. On pense à Pascal, 16 siècles plus tard qui eut beaucoup de mal à trouver un artisan orfèvre capable de réaliser sa conception de la machine à calculer.

Mais, contrairement à notre vision classique de l'Antiquité il apparut déjà à ces époques de ci de là quelques Léonard De Vinci.

Héron d'Alexandrie ou Héron L'Ancien par exemple , qui vécut I er  siècle après J-C, était à la fois ingénieur, mécanicien et mathématicien. Il a écrit un traité de construction d'automates hydrauliques, un autre qui examine la force élastique et motrice des vapeurs et des gaz,. On y trouve décrits, notamment, un tourniquet mû par l'échappement de la vapeur, la fontaine intermittente et la fontaine à compression, avec une pompe foulante à air. Au milieu d'une foule d'objets d'amusement, on y rencontre quelques instruments d'une utilité réelle, tels que les ventouses mécaniques sans feu, les seringues pour aspirer le pus des blessures, diverses espèces de lampes, les siphons, la pompe à incendie et l'orgue hydraulique.

Plus loin encore dans l'histoire Archytas de Tarente 430 – 360 av JC. fut également mathématicien et ingénieur., ... deux inventions certaines et étonnantes : Il aurait construit un oiseau mécanique qui volait ...

Sources :

http://racines.traditions.free.fr/astros3n/index.htm

http://www.ldi5.com/archeo/ancy.php

Dictionnaire des Antiquités Grecques et Romaines de Daremberg et Saglio

Price D.J. de S. , Scientific American ( juin 1959 ) ; gears from the greeks ( 1974 ).

Enfin, citons les étonnantes piles électriques découvertes à Bagdad

Pile de bagdad 

En 1938, un archéologue autrichien, le Dr Wilhelm König, s'est penché sur un "objet cultuel" reposant au fond des caves du musée de Bagdad.

Il s'agit d'un petit vase en terre cuite de 15 centimètres de hauteur sur environ 7,5 centimètres de diamètre. Emergeant du bouchon bitumineux, une tige en fer est insérée à l'intérieur d'un cylindre en cuivre et isolée de celui-ci à sa base par un tampon en bitume ; le cylindre de cuivre étant soudé avec son capuchon par un alliage plomb/étain.

Plusieurs de ces piles ont été trouvées dans les ruines de Khujut Rabu, ville Parthe, aux alentours de Bagdad. Les Parthes, farouches guerriers, ont dominé la région entre 250 av. J.C. et 230 ap. J.C. . Dix autres piles furent découvertes plus tard à Ctesiphon.

Le cuivre porte une patine bleue caractéristique de la galvanoplastie à l'argent. On pense donc qu'elles sont beaucoup plus anciennes car on a retrouvé également des vases en cuivre plaqués argent dans un site Sumérien vieux d'au moins 2500 ans av. J.C.

Différents spécialistes ont reproduit la pile en utilisant du jus de raisin comme électrolyte et ont effectivement obtenu un courant électrique, suivant les expérimentateurs, entre 0,5 et 1,5 volts.

Description d'une pile de bagdad

1 : Tige en fer.

2 : Bouchon en asphalte.

3 : Vase en terre cuite.

4 : Electrolyte.

5 : Cylindre de cuivre.

6 : Tampon isolant en asphalte.

7 : Capuchon en cuivre.

8 : Fil de masse.

On peut donc supposer qu'il y a plusieurs centaines d'années, les inventeurs ou tout au moins les utilisateurs se sont servis de ces piles pour "arnaquer" leurs contemporains en leur vendant du cuivre au prix de l'argent. On imagine alors fort bien pourquoi cette découverte est restée secrète...

Et pour ceux qu'intéressent les mystères ésotériques, toute une série de machines mystérieuses émergées de l'Antiquité ou d'avant:

http://www.jacquesfortier.com/Zweb/PreuvesArcheologiques/0aPreuvesArcheologiques.html

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