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Qu'en est-il maintenant ?


 

8 200 ans avant J.C.

Il y a plus de 8000 ans, la dernière grande catastrophe climatique annonce-t-elle un futur phénomène analogue au XXIème siècle ?

Deux coups de froid à 8 490 et 8 290 ans ont constitué le dernier grand cataclysme, en quelques décennies à peine, le climat européen se refroidit au point de perdre, selon les régions, de 3 °C à 6 °C de température moyenne.

Ce qui semble s’être passé, c’est que sous l'effet du recul de la calotte glaciaire qui recouvrait à l'époque le Canada actuel, deux gigantesques lacs d'Amérique du Nord se seraient soudainement déversés dans l'Atlantique.

Ces lacs ont « débordé » car ils ne pouvaient directement se déverser dans les vallées, les passages possibles étant verrouillés des glaciers non encore fondus.

L'apport massif d'eau douce dans l'Atlantique aurait ainsi fortement ralenti la circulation des courants marins qui tempèrent les climats en évacuant la chaleur de la zone intertropicale vers le nord de l'Europe. D'où cette mini-glaciation dans l'Atlantique Nord, confirmée par l'étude des sédiments marins.

Ce phénomène pourrait-il se reproduire aujourd’hui ? Réchauffement de la planète, fonte des glaciers, eau douce déversée en grandes masses dans l'Atlantique d’où freinage du le Gulf Stream et refroidissement des côtes européennes...

En 1996, le volcan qui est sous le Vatna est entré en éruption. Il a fait fondre un gros bout de glacier. La crue qui s’ensuivit a mis 15 h pour arriver à son plein rendement. Le flux avait un débit 20 fois supérieur au Rhône et charriait des blocs de glace de 2 tonnes. Le flot a duré 48h et a bien sûr emporté tous les ponts.

Cette crue provoqua des dégâts considérables dont la disparition de 10 km de route, emportant et endommageant un nombre important de ponts.

L’accumulation d’une importante quantité de chaleur sous-glaciaire entraîna la fonte de centaines de millions de mètres cubes de glace. Cette fonte entraîna un affaissement des glaces engendrant la formation d’une rivière qui dirigea, par la suite, une quantité phénoménale d’eau vers un lac sous-glaciaire logé à l’intérieur de la caldeira du Grimsvötn. Plus de 3 milliards de mètres cubes d’eau peuvent être emmagasinée à l’intérieur de cette caldeira. La crue prévue le 12 octobre se produisit finalement le 5 novembre. Une marée d’eau inonda la plaine sud, atteignant un maximum de 45 000 m³/sec dans l’espace de quelques heures.

Curieusement, pendant les 3 semaines suivantes, la fameuse dépression d'Islande disparut.

Cette dépression est couplée à l’anticyclone des Acores avec un phénomène d'oscillation atmosphérique et océanique dans l'Atlantique Nord (North Atlantic Oscillation, NAO en anglais ou ONA en français), analogue à celle du Pacifique équatorial (El Nino Southern Oscillation ou ENSO).
L'ONA se caractérise par un mouvement est-ouest des masses d'eau chaude dans le bassin océanique Nord Atlantique. Cette oscillation accentue les différences de pressions atmosphériques entre l'anticyclone des Açores et la dépression d'Islande et a donc des conséquences importantes sur le s températures.

Et effectivement, en 1996, avec cette disparition momentanée de la dépression d’Islande, le flux d’air polaire se déversa directement sur l’Europe continentale et la France connut une forte chute des températures, juqu’à -14°C à Paris à Noel.

Sources : Le Monde du 08.07.06 , Science juin 2006, Météo France.

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