SuiteDesNouvelles

La suite des informations que vous n'apprenez presque jamais…

Qu'en est-il maintenant ?


 


10 juin 2006

Une étude allemande récente évaluait à 9 000 kilomètres la distance cumulée parcourue par les ingrédients d'un yaourt avant d'arriver sur le lieu de vente du pot de yaourt. Pas étonnant qu'en trente ans, le fret maritime mondial a triplé tandis que le transport routier en France a cru de 43 % en moins de quinze ans.

Aujourd'hui l'enveloppe du commerce international représente l'équivalent du tiers de la production mondiale, ce qui montre l'importance de la mondialisation et des flux d'échanges et de transport qui en résultent.

Mais il se peut fort bien que l'extension de la mondialisation soit freinée par la pénurie d'énergie et la flambée des coûts de transport qui va en résulter.

Le gazole représente 20 % des coûts pour une entreprise de transport, qui dégage une marge de 4 % (source : Le Monde, 10.06.06).

Cela n'a pas beaucoup de sens de faire parcourir autant de distance aux ingrédients d'un yaourt quand les coûts de l'énergie explosent et quand il faudrait limiter les émissions de CO2 pour freiner le réchauffement climatique.

Comme nous ne payons toujours pas l'énergie à son juste prix, les flux de logistique ne pourront survivre aux vrais prix qui refléteront la rareté croissante des énergies fossiles et les coûts de dégradation de notre environnement .

L'article du Monde cité énumère les aberrations que tout un chacun peut constater « dans la vie de tous les jours. Les poires en provenance d'Argentine peuvent être achetées par un distributeur moins cher que celles produites dans l'Union européenne. Les fraises chinoises sont devenues ultra-compétitives, alors que pour être vendues en France elles réclament vingt fois plus d'équivalent pétrole que la fraise du Périgord. »

Même si on l'anticipe encore mal, le modèle économique va évoluer. Après 30 ans de fuite en avant dans la poursuite systématique des coûts les plus bas qui entraînaient à la fois la localisation des usines dans les zones aux plus bas coûts possibles et la construction d'usines de plus en plus grosses et concentrées pour les économies d'échelle, les entreprises devront revenir vers un modèle de production d'unités plus nombreuses mais plus petites, réparties à proximité des zones de consommation, afin de minimiser les transports.

Michelin, leader mondial du pneumatique, teste déjà cette nouvelle logique de production avec le procédé C3M. L'entreprise a développé des "micro-unités de production" de la taille d'un petit camion, qui peuvent fabriquer en grande quantité des pneus partout sur la planète. Plusieurs dizaines d'unités sont actuellement testées.

Une autre piste est aussi de réduire le coût des transports à longue distance en y introduisant une part d'énergies renouvelables. Le premier cargo à voiles, équipé d'une sorte d' aile volante qui supplée le moteur thermique du navire quand il y a du vent, va être mis en service en 2007. D'autres expériences sont en cours ou ont été été réalisées pour l'utilisation de l'énergie solaire en aéronautique et en maritime.

Sans doute faudra-t-il aller plus loin en inventant des moyens de transport plus légers, moins gourmands en carburant, fonctionnant avec des sources d'énergies alternatives. La période actuelle est encore celle des défricheurs. Ainsi, dès 2007, naviguera le premier cargo doté d'une de 160 m 2 , qui remplace le moteur en rythme de croisière lorsqu'il y a du vent. Des prototypes de navires ou d'avions fonctionnant à l'énergie solaire ont déjà navigué et volé. Plusieurs projets de consortiums d'entreprises européennes et russes visent également à mettre en service des dirigeables cargos.

Retour aux autres suites de nouvelles de l'économie... Ajouter un commentaire
France - International - Politique - Société - Environnement - Economie - Sports - Sciences - People - Histoire